27/04/2006

Nouvelles mobilisations

De nouvelles mobilisations sont prévues dans les prochains jours pour continuer dans la lutte contre les lois injustes du gouvernement. Lundi 1er mai à 10h place Kléber, une nouvelle manifestation aura lieu avec en tête de cortège les étudiants et le collectif Unis contre l'immigration jetable, pour protester contre le projet de loi CESEDA en vote à l'Assemblée ces jours-ci.

Dans le parc qui se trouve derrière le Palais Universitaire, des AG ont lieu tous les jours pour faire le point sur la mobilisation.

18/04/2006

La mobilisation s'éteint

Les derniers blocages ont été levés, hier, dans toute la France. Les dernières universités à bloquer étaient Rennes et Nantes : les cours ont également repris depuis hier. Cela semble, d'après le Nouvel Observateur, signer la fin du mouvement.

13/04/2006

Le Sénat débat de la nouvelle loi

Les sénateurs doivent se prononcer ce matin sur le texte de loi qui remplace le CPE. Hier, les députés ont adopté le texte. Le texte complet est disponible dans la rubrique Informez-vous de ce blog. Voici quelques analyses par l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur :

Voici les principales dispositions de la proposition de loi remplaçant le CPE.

La proposition de loi UMP qui va remplacer le CPE comportera quatre mesures reprenant des dispositifs déjà existants en faveur des jeunes les plus en difficulté, mais en les renforçant "considérablement", selon l'ancien rapporteur UMP de la loi égalité des chances Laurent Hénart. Quelque 160.000 jeunes devraient être concernés en 2006, pour un coût de 150 millions d'euros cette année. Cette proposition de loi, qui doit être déposée dans la journée à l'Assemblée et sera peut-être débattue dès mardi, comporte deux articles remplaçant l'article 8 de la loi sur l'égalité des chances qui mettait en place le CPE, mais a été suspendu par Jacques Chirac.

Le premier article du nouveau texte détaille les quatre mesures qui vont remplacer le CPE. Il s'agit de dispositifs déjà existants mais améliorés, dont le Civis (contrat d'insertion dans la vie sociale), le contrat de professionnalisation, le contrat jeune en entreprise (CJE). "On prend ce qui existe et qui fonctionne déjà. On le vitamine", a expliqué M. Hénart lors d'une conférence de presse.

- La première mesure "augmente considérablement" le CJE, un contrat à durée indéterminée dont 300.000 jeunes ont déjà bénéficié, a-t-il expliqué. Désormais, "tous les jeunes y auront accès du moment qu'ils sont depuis plus de six mois au chômage". De plus, l'aide mensuelle de 200 euros que l'Etat verse à l'employeur sera portée à 400 euros la première année. Elle reviendra à 200 euros la deuxième année.

- Deuxième mesure, l'Etat accompagnera désormais les contrats de professionnalisation, contrats en alternance, en versant à l'employeur une prime de 200 euros par mois la première année et de 100 euros la deuxième année dès lors que le contrat débouche sur un CDI. Selon le ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, "cela pourrait concerner 30.000 contrats".

- Troisième mesure, "à partir de l'été 2006", "50.000 stages seront ouverts pour 50.000 jeunes" dans les "métiers en tension, cette dizaine de métiers dans lesquels il y a des difficultés de recrutement", a poursuivi M. Hénart. Il s'agira de "stages intensifs de formation en entreprise" qui seront "fortement qualifiants", a-t-il assuré.

- La quatrième mesure, enfin, le Civis, contrat destiné aux jeunes demandeurs d'emploi qui ont un projet social ou humanitaire, sera "réformé". Il sera désormais précédé d'un "bilan de compétences" et, lorsque le jeune trouvera un emploi en entreprise, il sera suivi par "un tuteur". Il s'agira "de regarder comment on enchaîne les périodes de formation et de travail, de régler éventuellement des problèmes concrets: le transport, le logement, la parentalité pour des mères isolées".

Selon Laurent Hénart, quelque 160.000 jeunes devraient être concernés en 2006 par ces quatre mesures. "La nouvelle loi pose le principe d'une aide de l'Etat aux employeurs qui embaucheront des jeunes en difficulté en contrat à durée indéterminée. Ces dispositifs concernent les jeunes de 16 ans à moins de 26 ans qui sont les plus en difficulté dans l'accès au marché de l'emploi", résume Jean-Louis Borloo dans un entretien au Monde publié lundi.

Chirac apaise, Chérèque souffle sur les braises

Jacques Chirac a indiqué hier pendant le conseil des ministres avoir demandé la suppression du CPE "dans un souci d'apaisement", qu'il n'avait apparemment pas eu lors de son allocution du 31 mars où il avait promulgué la loi. Le président souhaite maintenant un retour au calme, et un retour aux cours. Il a en effet déclaré que "tous les jeunes doivent pouvoir reprendre les cours et préparer leurs examens".

Pendant ce temps, le secrétaire de la CFDT, François Chérèque, a annoncé qu'il souhaitait maintenant la réouverture du dossier CNE. "Il sera difficile de ne pas rouvrir le dossier CNE" a-t-il indiqué, précisant que "la CFDT le demandera".

François Chérèque a en outre répondu aux questions du quotidien Libération :

Estimez-vous avoir remporté une importante victoire syndicale ?
Evidemment ! Et pour trois raisons. La première, c'est que nous avons mobilisé sur un thème unique. C'est une des leçons de ce mouvement : il est plus facile de mobiliser sur un motif très identifiant que sur l'emploi ou la défense des droits des salariés en général. Ensuite, l'unité syndicale a été très, très forte, y compris avec les organisations d'étudiants et de lycéens. Enfin, en face, notre interlocuteur a été particulièrement maladroit. Il n'a utilisé aucune possibilité du dialogue social pendant trois mois.

Allez-vous tenter de transformer l'essai en demandant l'abrogation du contrat nouvelles embauches ?
Aujourd'hui, la bagarre contre le CNE est sur le terrain juridique. Et au moment où le gouvernement veut un débat sur la sécurisation des parcours professionnels, il lui sera difficile de ne pas ouvrir le dossier du CNE. La CFDT le demandera.

Avec le CPE, Villepin pensait apporter une réponse au chômage des jeunes. En quoi s'est-il trompé ?
Le gouvernement avait mal posé le diagnostic de départ. Par exemple, sur le chiffre du chômage des moins de 26 ans, il est faux de dire que 22 % des jeunes sont au chômage. Rapporté à la classe d'âge des 16-25 ans, il est de 8 %, puisque l'écrasante majorité des jeunes poursuit des études, beaucoup plus que chez nos partenaires européens. De plus, leurs situations dans l'accès à l'emploi sont très diverses. Le CPE donnait une réponse unique à des situations différentes. Ainsi, 71 % des jeunes les plus qualifiés sont en CDI dans les deux ans suivant la fin de leurs études. En masquant le vrai problème de ceux qui sont en difficulté, le gouvernement a suscité la colère de ceux qui ne se sentaient pas, eux, en difficulté. Ce qu'il faut, c'est inventer des parcours différenciés vers l'emploi pour les jeunes, en fonction de leur histoire dans la formation et de leur histoire sociale.

Le 16 janvier, le Premier ministre lançait le CPE. Pensiez-vous ce jour-là obtenir son abrogation trois mois plus tard ?
Quand on mobilise, on espère toujours gagner. Mais je n'imaginais pas le refus total de dialogue que le gouvernement allait nous opposer. La seule attitude qui nous restait était la contestation. Personne ne pouvait prévoir que les mouvements successifs allaient être de plus en plus forts, jusqu'à la journée du 4 avril. C'est, je crois, le premier mouvement de ce type.

Il y a eu peu de grèves, même dans les transports publics...
Nous avons démontré qu'on pouvait être forts sans faire la grève. C'est aussi pour cela que ce mouvement est resté populaire tout au long de ces trois mois. On a pris soin d'y associer la population sans pour autant la handicaper dans ses déplacements. L'autre surprise, c'est le soutien massif des salariés du privé, notamment de jeunes salariés de petites entreprises, qui venaient pour la première fois à une manif. En fait, c'est tout le malaise d'une génération face à la précarité et ses conséquences qui s'est exprimé à l'occasion de ce mouvement contre le CPE.

On a vu les syndicats de salariés agir en étroite liaison avec les organisations de jeunes. Est-ce aussi une originalité de ce mouvement ?
Depuis quelques années, la CFDT a développé un contrat de coopération avec la Confédération étudiante. Il n'y a pas de raison que le type de syndicalisme que défend la CFDT ne se retrouve pas dans le syndicalisme étudiant. Avec les mouvements lycéens, la relation est un peu différente. Ils assurent une expression essentielle pour l'accès des jeunes à la citoyenneté. Mais, lorsqu'il s'agit de mineurs, les organisations syndicales doivent être très prudentes, éviter les appels inconsidérés et prévenir les risques de dérapages. Lors des réunions de l'intersyndicale, les cinq grandes confédérations ­ CGT, CFDT, FO, CFTC et CGC ­ ont agi en organisations responsables, expliquant, par exemple, qu'on n'appelait pas comme cela à une grève générale. D'autres n'ont pas toujours été aussi claires. Que la FSU, principale fédération de syndicats d'enseignants, soutienne par principe toute forme d'action des lycéens et étudiants et propose d'emblée la grève générale ne me paraît pas très responsable. L'action syndicale doit aussi être un travail d'éducation populaire. Quand il y a eu certains débordements, à la fin du conflit, dans les gares ou à la porte des entreprises, comme chez Airbus, il y a eu peu de voix pour dire : «Attention, il y a des limites à ce que l'on peut faire.» Il est vrai que la leçon d'instruction civique n'est pas venue du sommet de l'Etat. Pendant deux mois, le Premier ministre a dit : «Il faut respecter les institutions.» Il a répété : «Le texte est voté, il faut l'appliquer !» A l'arrivée, le président de la République promulgue et demande de ne pas appliquer la loi. Et on finit par un texte d'origine parlementaire, présenté par le Premier ministre !

La crise sociale n'a-t-elle pas révélé une crise des institutions ?
Les institutions fonctionnent selon les hommes qui les font fonctionner. Tous promettent de consulter les partenaires sociaux mais l'oublient ensuite. Quand j'ai rappelé au Premier ministre l'obligation, prévue par la loi Fillon de mai 2004, de laisser les partenaires sociaux négocier avant tout changement des règles sociales, il m'a répondu : «Je ne suis pas obligé, c'est seulement dans le préambule de la loi.» Nous sommes le seul pays en Europe à fonctionner comme ça.

En France, les syndicats seraient trop faibles pour s'engager dans une réforme...
Oui, le syndicalisme est faible en nombre d'adhérents, tout comme les partis politiques. Mais il faut relativiser en terme de représentativité électorale. Nous sommes dans un cercle vicieux : les syndicats sont trop faibles, donc le pouvoir politique prend les décisions, les syndicats ne peuvent que s'opposer, et on leur reproche d'être trop faibles pour participer à la décision. Il faut briser ce cercle. La réforme des retraites a été débattue pendant un an, puis négociée cinq mois. Elle est aujourd'hui appliquée. C'est la preuve que l'on peut s'engager.

La mobilisation réussie contre le CPE va-t-elle se traduire un regain d'adhésions syndicales ?
Depuis deux mois, les demandes d'adhésion affluent, et pas seulement chez les jeunes.

Ces trois mois annoncent-ils une recomposition du monde syndical autour de l'unité d'action retrouvée entre la CGT et la CFDT ?
Il est évident que lorsque les deux principales organisations syndicales françaises s'entendent sur un mode d'emploi, qu'elles sont capables de s'engager ensemble et, comme on dit au tarot, de «mener le petit au bout», cela marque dans notre pays. Maintenant, la question qui se pose est d'être aussi capables de mener le petit au bout sur des négociations. Si on peut en faire la démonstration, le syndicalisme français peut être transformé. Aujourd'hui, on est au milieu du chemin.

12/04/2006

Très peu de mobilisation

Très peu de mobilisation ce mardi dans toute la France, où, selon la police, 41000 manifestants auraient battu le pavé pour demander, outre la tête du CPE, celle du CNE et de la LEC en intégralité. A Strasbourg, environ 700 personnes ont défilé dans le centre ville, sous les yeux de la police très présents et très, très voyants.

Dans les autres villes, la mobilisation n'était pas non plus au rendez-vous : environ 8000 personnes à Paris, 2500 à Toulouse, 4000 à Nantes. Dans les autres villes, elle était inférieure à 2000 personnes.

L'Assemblée Générale du mardi 11 avril

La première AG de l'ULP unie avec le reste de la coordination de Strasbourg s'est déroulée amphi 1 dans le patio à l'UMB, pour préparer la manif et débattre de la suite à donner à la mobilisation. L'ordre du jour était le suivant : annonces, bilan des commissions, bilan de la coordination nationale, actions post-manif, débats, discussions, votes.

L'annonce a d'abord été faite du ralliement de l'ULP et de l'ESTES (travailleurs sociaux) à la coordination de Strasbourg. La grève à l'ESTES est reconduite jusqu'au 2 mai. On a insisté sur le fait que la loi CESEDA passe à l'Assemblée Nationale début mai.

Une réunion était prévue hier soir à 20h15 amphi 1 du patio sur "Autogestion, cogestion, démocratie radicalisée".

On a ensuite évoqué la possibilité de changer de nom pour la coordination. Plusieurs propositions ont été faites (Assemblée constituante de Strasbourg, etc...), mais le vote a été clair : on ne change pas de nom pour le moment (il reste "Coordination de Strasbourg contre le CPE et la précarité").

Le compte-rendu de la coordination nationale ce week-end (très agitée) a été fait, on y a préparé la suivante à Nancy et la formation d'une coordination grand est avec Metz, Nancy et Strasbourg...

11/04/2006

Le parfait petit manuel pour expulser les clandestins

(par Gilbert LAVAL, Libération, vendredi 24 février 2006)

La circulaire du 21 février, signée du ministre de l’Intérieur et du garde des Sceaux, à l’attention des préfets et des parquets précise les toutes dernières « conditions de l’interpellation d’un étranger en situation irrégulière ». Le parfait petit manuel en 17 pages bourré de bons conseils pour éviter tout « risque d’annulation de la procédure » d’expulsion ou de reconduite à la frontière. Avec recommandations particulières quant aux interpellations des étrangers « aux guichets de la préfecture, au domicile ou dans les logements foyers et les centres d’hébergement ». Stupéfaction du côté de la Cimade : « Ne manquent que les interpellations dans les écoles... »

Point de départ de cette circulaire : la fatigue des ministres Nicolas Sarkozy et Pascal Clément devant les « difficultés procédurales » et les « contentieux » qui minent les dossiers d’expulsion. Leur circulaire fait donc un point sur la régularité des conditions d’interpellation avec recensement des divers arrêts de la Cour de cassation rendus à ce sujet.

Le souci du détail. Le texte va d’abord au plus simple : les interpellations « sur la voie publique ». Elles sont décrites comme « celles qui présentent le moins de difficultés ». Celles effectuées « au domicile de la personne » sont en revanche plus délicates. Sous peine d’annulation de la procédure, les policiers ne devront pas considérer comme « domicile », un « véhicule automobile, le siège d’une association, la cour d’un immeuble lorsqu’elle n’est pas close, un atelier artisanal et industriel, un local réservé à la vente, un logement détruit par un incendie ». Le souci du détail va jusqu’à préciser la marche à suivre pour une « pénétration des enquêteurs dans le domicile ». La personne « refuse d’ouvrir sa porte » ? Ne surtout « pas glisser la décision préfectorale d’invitation à quitter le territoire dans la boîte aux lettres de l’intéressé, voire sous sa porte ». La personne accepte d’ouvrir ? Si elle est « susceptible d’être celle concernée par la décision à notifier », alors le contrôle est possible. De même pour les interpellations dans un centre « d’hébergement » ou « d’accueil pour demandeurs d’asile », mais ces lieux seront à considérer selon que l’interpellé est « à proximité du local » ou « à l’intérieur du local ».

Astuce et modèles. Dans le cas d’occupation de squats, police et justice sont priées de coordonner leurs efforts. L’expulsion doit être immédiatement suivie de contrôles d’identité afin d’interpeller un irrégulier sur lequel pèserait déjà une procédure d’expulsion du territoire. Suit une astuce pour ne pas déborder les délais légaux : les policiers ont rarement le temps de vérifier la situation du supposé irrégulier. « Il est demandé aux magistrats du parquet d’être particulièrement vigilants [...] sur la nécessité de mettre en état la procédure d’éloignement au cours des vingt-quatre premières heures de garde à vue. »

Reste le plus saisissant : l’annexe 1, consacrée aux « interpellations aux guichets des préfectures ». Dans le cas où le sans-papiers se présente pour une nouvelle demande de titre de séjour, il est parfaitement « légal » de l’interpeller. Si c’est la préfecture qui le convoque, les fonctionnaires devront avoir soigné « la rédaction des motifs de la convocation ». Il ne s’agit pas de lui faire peur. « Toutes les indications relatives à l’éventualité d’un placement en rétention, tout descriptif de la procédure sont à proscrire », est-il précisé. Et pour ne pas se tromper, deux modèles sont fournis, où il n’y a plus qu’à remplir les cases.

Une circulaire qui a le mérite de ne pas se cacher. Les ministres, en conclusion, rappellent « la nécessité d’accroître de façon significative le nombre d’interpellations d’étrangers en situation irrégulière ». Les procureurs devront rendre compte « pour le 10 octobre » du travail accompli. Avant le 10 avril, les préfets et ces mêmes procureurs auront réuni « les gestionnaires [des lieux d’accueil des étrangers] avec lesquels ils fixeront » les modalités de cette circulaire.

« On organise la collaboration, s’indigne Me Ludovic Rivière spécialiste de ces dossiers. On va contraindre les associatifs et les travailleurs sociaux à participer à une grande chasse à l’étranger en situation irrégulière. » « Effrayant », réagit le Gisti, qui réfléchit avec la Cimade à un recours pour annulation devant le Conseil d’Etat. La question pour eux n’est plus de gagner du temps. En tête de la circulaire, sa date d’application : « Immédiate ».

Voir aussi le texte de la circulaire dans la rubrique Informez-vous de ce blog.

L'Assemblée Générale du lundi 10 avril

Cette nouvelle AG était la première depuis l'annonce du remplacement du CPE par Dominique de Villepin. L'ordre du jour était le suivant : point info, notamment sur la coordination nationale de Lyon de ce week-end ; annonces ; propositions, notamment la fusion du comité de grève ULP avec celui de la coordination de Strasbourg ; débats ; votes.

Tout d'abord, quelques annonces : demain à 12h30 une AG est prévue au patio avant la manif de l'après-midi. Une conférence-débat aura lieu mercredi 12 à 16h amphi 1 de l'ILB sur le rapport Benisti.

La coordination nationale de ce week-end a vu l'élection de Marie, étudiante à l'ULP, comme porte-parole de cette coordination. De samedi 16h à dimanche 22h, les débats ont été un peu houleux au sein de l'amphi où s'est tenue l'AG. On a discuté en vrac de la charte de l'AG, des rapports des différentes actions des comités de grève, de l'élargissement des revendications, des perspectives en cas de retrait du CPE, de l'élection des porte-paroles.

La coordination a pris contact avec les syndicats (contact assez froid) et a dénoncé le manque de mouvement sur la loi sur l'égalité des chances (trop de focalisation sur le CPE). Elle a décidé la création d'une commission de relève de répression policière. Ils ont renouvelé leurs demandes : retrait de la CESEDA, de la lois sur l'égalité des chances, de la LOPRI, etc... La coordination prone le maintien de la mobilisation à tout prix.

Des annonces ont ensuite été passées : mercredi 10-18h, une kermesse aura lieu place Kléber (besoin d'aide pour la préparation, RDV aujourd'hui 10h au Portique) ; à 20h tous les jours au Patio, une réunion a lieu sur les actions et le tractage.

Un chercheur de Sauvons la recherche et de la CGT a ensuite pris la parole, effectuant un parallèle entre cette mobilisation et celle des chercheurs il y a deux ans.

Puis la revue de presse a annoncé le remplacement du CPE par des mesures en faveur de l'insertion des jeunes en difficultés. L'intersyndicale appelle à la mobilisation contre le CNE.

Une action bateau mouche a eu lieu samedi, où quelques personnes ont payé un billet de bateau mouche et ont posé sur les vitres des banderoles contre la précarité.

Une opération lecture a eu lieu samedi matin place Kléber.

Les débats ont ensuite eu lieu, sur divers sujets, notamment sur la légitimité de continuer la mobilisation.

Enfin la proposition de dissolution du comité de grève ULP a été votée et adoptée. Le comité de grève ULP rejoindra donc celui de la coordination de Strasbourg.

10/04/2006

Le CPE est mort, la mobilisation continue

C'en est fini du CPE. Villepin a plié sous la pression de la rue, de Chirac, des syndicats, bref de tout le monde puisque personne ne voulait du CPE. Est-ce une victoire ? Il est trop tôt pour le dire. D'abord, les mots d'abandon, de retrait, d'abrogation n'ont pas été prononcés. C'est le mot remplacement qui est sorti de la bouche du premier ministre. Il faut donc attendre la proposition de remplacement du CPE avec prudence. Deuxième point : le texte sur l'égalité des chances, qui instaure le travail de nuit à 15 ans et l'apprentissage à 14, est toujours d'actualité, de même que le CNE, la LOPRI, la CESEDA, le rapport Benisti, le rapport Inserm, et toute cette batterie de lois favorisant la précarité dans tous les domaines, et en particulier envers la population issue de l'immigration. Il est donc nécessaire de poursuivre la mobilisation.

Demain, la manifestation à 14h30 place Kléber est évidemment maintenue. Après ce premier pas, les autres bastions du libéralisme à outrance doivent tomber.

07/04/2006

Sa LOPRI de précarité

Le texte est disponible dans ce blog, dans la partie Informez-vous. Voici un court texte résumé du collectif des jeunes chercheurs contre le précarité :

Précarité massive dans la recherche

60% des doctorants ne sont pas financés pour leur travail de recherche (80% en SHS). Ils doivent cumuler avec des emplois très précaires dans les universités, les lycées, les fast-food... Et même pour les doctorants financés, le finance ment ne couvre souvent qu’une partie de la thèse.

Entre 25 et 30% des chercheurs sont précaires (allocataires, ATER, vacataires, post-docs, CDD, travailleurs au noir...). Ces personnels produisent un véritable travail au sein des organismes et des universités et n’ont pourtant aucune reconnaissance . Les techniciens, ingénieurs et administratifs, sont eux aussi touchés par cette précarité (7000 CDD).

La perspective d’un emploi stable se réduit de plus en plus pour les docteurs. Plus de 10 000 docteurs sont actuelle ment en attente d’un poste stable. Chaque année, près de la moitié des docteurs en biologie sont obligés de partir en post-doc et deux ans plus tard, 40% d’entre eux n’ont toujours pas d’emploi stable . La majorité des jeunes chercheurs est donc condamnée à enchaîne r des contrats précaires et le passage par des périodes de chômage devient la règle.

Evolution dramatique de la recherche

Entre 1999 et 2005, le nombre de postes stables proposés par l’Université pour les jeunes docteurs s’est effondré de 30% alors que le nombre de départs en retraite doublait. Au même moment, le nombre de contrats à durée déterminée (ATER), grimpait de 28%.

Le gouvernement, après avoir supprimé 550 postes de chercheurs en 2004 (qu’il n’a restitué qu’après une mobilisation sans précédent) s’attaque de nouveau à la recherche publique . Pour commence r, il ne tient pas ses promesses : près de 600 postes d’enseignants-chercheurs manquent au concours de 2005 !

De plus, tout en prétendant négocier avec SLR et les syndicats, le gouvernement mène une réforme silencieuse par décrets (donc sans débats et sans votes). Il a ainsi créé par décrets les pôles de compétitivité (le 25/11/04), les pôles régionaux de l’Etat (le 29 /04/04) et l’Agence Nationale de la Recherche (ANR, le 09 /02/05). Avec un budget d’environ 1,5 milliard d’euros (soit deux fois les crédits des EPST), l’ANR financera des projets à coût complet. Cela veut dire que les techniciens, ingénieurs et chercheurs seront embauchés massivement et uniquement sur CDD.

Bientôt TOU-TE-S précaires ?

Le budget de l’ANR servira à financer des projets orientés vers des applications techno-industrielles. Par ailleurs, les subventions de l’ANR serviront quasi-exclusivement les intérêts financiers des grandes entreprises.

Grâce à ces réformes, les grands groupes privés pourront externaliser une grande partie de leurs services d’ingénierie, d’étude et de recherche-développement. Tous ces CDD seront autant d’emplois stables en moins pour les jeunes diplômés (techniciens, ingénieurs ou chercheurs).

Ces réformes qui organisent la pénurie des emplois stables toucheront tous les étudiants et jeunes diplômés. Ils seront contraints d’accepter des stages ou des CDD, souvent sans rapport avec leurs qualifications. A moins que nous nous organisions pour lutter, touTEs ensemble contre la privatisation des savoirs, et contre la précarisation de nos vies.

Jeunes chercheurs contre la précarité, Droit d’Entrée, CNT-Recherche RP

Après la manif, le mouvement continue ! ASSEMBLÉE GÉNÉRALE de tous les personnels de la recherche ce mercredi 9 mars à 18h au 12 rue Cuvier (m° Jussieu)